|

Alors j’écris
Quand se lamentent mes solitudes, en mon cœur,
Sur le déclin d’un jour qui faiblit sans peine
Et que le vide obsédant me tourmente,
Alors j’écris ce saignement intérieur,
Ces douleurs sans mensonge, sous mon front
Où l’homme vient, meurtri de certitude,
Ou l’âme cherche ce passage étroit
Scrutant d’impossibles lumières.
Je vais, maladif, aux fraternelles ombres,
Jetant l’encre abîmée de mes illusions
Sur des brumes lasses et profondes.
Je fuis, par mon encre, mon corps
Immobile et décadent, je le regarde
Se tordre comme un vieux chêne noueux.
J’écris l’imposture de l’absence
Au temps sans pitié qui vient hurler
Dans mon crâne des images moribondes.
J’écris l’amour baptisant l’éphémère
Que le ciel nous vole et emporte
Dans ces noirceurs absurdes
Où le néant ricane de nos larmes.
Je vais comme ces pollens, s’échouant
Sur la roche, cette impossible matrice
Où plus rien ne vient éclore,
Mais je vis encore à l’entrebâillement
D’un inconnu qui me tutoie déjà.
Je sens l’onde de ces vieux printemps
Pressés, l’odeur de tes cheveux emmêlés
Quand le vent sur toi s’attardait,
Ton sourire quand le soir se faisait plus doux.
J’écris de ce gouffre qui m’aspire
Aux lueurs désespérées de ma mémoire,
J’entends ces plaintes qui m’oppressent,
Ces vagues clameurs englouties,
Et je tombe, et je tombe.
http://www.youtube.com/watch?v=kEoRSJLH0vM&feature=related#
|