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L’ enfant que vous n’avez pas désiré
Qu’as tu osé dans tes désirs les plus fous,
De ton octobre qui s’enivrait, somnambule,
N’as tu pas vu l’ombre chétive sur tes genoux
Qui, du fond de tes entrailles, hurle.
Cette douleur en ton ventre inspiré,
Ce fruit que l’on porte aux fonts baptismaux,
Ce cri qui porte la vie et vient s’échouer,
Comblé de douleur, aux poumons éclos.
Qu’avez vous vu dans vos soupirs affamés
Où se mêlèrent vos chairs égoïstes,
De ces instants où sont venu se faner
Vos jouissances éphémères, au gouffre triste.
Ton sein lourd et tiède me fut promis,
Cette liqueur venue de tes entrailles, évadée,
Qui, sur mes lèvres hésitantes de vie
Ho ! ma mère, m’a donné le désir d’aimer.
Le hasard m’a donné un refuge, ton ventre maculé,
Ce cocon froissé aux saveurs de l’humanité hystérique
Où l’enfant porte le deuil de nos destructions aimantées,
Les mains encore vierges, le visage angélique.
Quelle est en ce monde la plus âpre des solitudes,
Peut-être celle de ne pas avoir été désiré,
Mais l’absence pour l’homme est une certitude
Parce que de tout, un jour, il faut se séparer.
Je regarde souvent les poussières que le vent bouscule,
dérisoire vision infiniment lointaine
Où se mêlèrent les derniers crépuscules,
Délaissant, endoloris, nos regards en peine.
Si je vis, c’est de vous, si je meurs c’est par vous,
Cette agonie sans mensonge, commune à tous,
Celle qui commença au rythme de votre pouls
Et qui finira écorchée d’une lune rousse.
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