|

Le temps
Sur l’aile de mes soupirs,
Fragments de ma mémoire,
Je vois du bleu qui crie
En ces sables mouvants,
Ce visage obstiné
Que rien ne dérange,
Ce drap froissé, inerte,
Que ta main à délaissé,
Et le vent, le vent
Qui bat les volets,
Dessinant des ombres
Sur d’inutiles absences.
Oh ! visage obstiné,
Tu graves ton nom
Aux sèves séchées,
Et là, sous mon crâne
Où le passé s’est perdu,
Sans cesse tu bavardes,
Comme ces premiers labours
Qui m’enivrent
De leurs antiques odeurs,
Comme l’oiseau de mai
Que les saisons emportent,
Là où finissent les rumeurs.
Oh visage obstiné,
Vois tu l’enfant chétif
Se courber et vieillir,
Le coquelicot suspendu
Au vent blessant,
L’abeille épuisée
Qui ne retournera pas.
Dis, le temps, dis,
Où sont tes rides ?
Tu viens sur mes soupirs,
Sans même écouter,
Et tu t’en vas, puissant,
Sans même te retourner,
Comme vont les marées basses
Vers leur intimité.
http://www.youtube.com/watch?v=RR7eUSFsn28&feature=related#
|