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Sentirai-je le souffle de votre âme
Quel désastre en mes profondeurs sans nom,
J’avance inquiet sous l’aile du doute
En cherchant ce Dieu murmurant l’oraison
En ces prières qui cherchent leur route.
Quel sera en ce tombeau ma pitance,
Quelle éclaircie insigne, en ma posture,
Viendra ranimer mes tristes croyances,
Moi qui ne serai qu’en multiples brisures.
Atteindrai je ce long défilé d’âmes satisfaites
Ayant gravi un ciel caché, en extase,
Sous le regard profond de nos défaites,
De nos enfers qui plus bas s’embrasent.
J’aurai peut-être à lutter sans relâche,
Aveugle, privé de bleu horizon,
D’une pénombre infiniment jalouse et lâche
Inondant ma tombe au si bas plafond.
Aurez vous fini de pleurer en ces lieux
Où les passants inquiets, le front baissé,
Sondent nos gouffres, hélas silencieux,
Quand sous leur crâne aucun ciel ne vient chanter
Et de ces tristes poussières, sous leur linceul,
Ma dépouille assoiffant vos mémoires
A votre dernier printemps qui s’effeuille,
Ne craignez vous pas de me décevoir.
Je crains fort que nos silences s’éternisent
D’un souffle permanent venu de nos lassitudes,
Nos dépouilles englouties en cette terre promise,
Ni cri, ni plainte, absolue plénitude.
Vous vous poserez en nos gouffres ainsi
Oh ! passant silencieux que rien n’anime,
Sentirai je le souffle de votre âme qui jaillit
Vers de célestes cieux qui vers vous s’inclinent.
Verrez vous de ce ciel, tant de fois béni,
Nos tombeaux aux tristes amas,
Ces quelques fleurs déjà bien flétries
Se courbant mollement sur nos trépas.
Verrez vous l’accomplissement de nos espoirs,
Nos tombeaux joyeux, berceaux inspirés,
Proclamant comme un ostensoir
Au delà des éthers notre éternité.
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