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Hier tout s’étonnait
J’ai perdu la trace de mon enfance,
Les yeux de ma mère, ceux du premier jour,
Et dans ce vide infiniment immense
Je fuis un ciel ou s’évanouissent les toujours
Et gravissent d’inévitables blessures.
Mon âme inquiète s’afflige et se désespère
De ce temps venant comme une injure,
Le doigt pointé sur bien des hivers.
Hier tout s’étonnait, douce allégresse,
Des horizons, mon cœur ne cherchait,
Et ces amour fourbus que l’on délaisse
Sous d’autre fronts, lassés, sombraient.
Mes jeunes pas se dispersaient ici et là,
Des sentiments heureux jalousaient mon esprit,
Tout autour de moi se remplissait d’éclat,
De la lune pensive à la feuille morte sans vie.
Oui ils se sont échappés au vent d’automne
Comme une colombe émigrant vers d’autres ciels,
Les heures se sont doucement enfuies et façonnent
Là bas de tristes ombres qui s’éveillent.
Non, aucun regret, et que le temps passe,
Il me semble ingrat ne pas céder à cette faiblesse,
Ici bas il faut qu’un jour tout s’efface
Et sans bruit, sans feindre changer d’adresse.
Mon Dieu, jusqu'à la fin de mes jours
Que je sache encore pleurer et puis rire
Que je puisse sentir l’onde de ton amour
Et mon âme voir d’indicibles voies s’entrouvrir.
Hier tout s’étonnait mais c’était bien normal,
L’enfant s’enivre des parfums de la terre
Il perçoit doucement ces horizons pâles
Et ce sentiment étrange que l’âme flaire.
Demain, dépouillé de mon tombeau sur l’autre berge,
Nu comme le vent, inspiré d’un ailleurs,
Je regarderai le temps, ce défunt cortège,
Et je lui dirai qu’ici plus rien ne meurt !
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