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J’ai posé mon regard sur les allées désespérées
Et comme un vent furieux, des plus hâtif,
J’ai vu l’ombre sur son visage s’animer,
Effleurant ses lèvres au souffle chétif.
Par la fenêtre, généreuse de clarté,
Montaient de la rue ces bruits indifférents
Qui, dans ses yeux, semblaient se noyer
Comme vagues lueurs d’un soleil couchant.
Une main sur son poitrail au souffle lent,
L’autre perdue sur le rebord du lit,
Elles semblaient déjà hors du temps
En ces heures pâles frappées d’agonie.
Est ce lui, que je regarde, qui s’agenouille
Devant celle qui, d’un gouffre profond,
Appelle en sa triste dépouille
Son âme titubante cherchant quelque horizon.
Est ce mon destin chargé de désespoir
De charrier inlassablement d’inutiles fardeaux,
D’apprivoiser celle qui, d’un voile si noir,
M’emmènera victorieuse au tombeau.
Est-ce ce regard triste cherchant asile,
Celui qui déjà fuit sur l’envers du temps,
Est ce lui que je regarde, si fragile,
Ou ma propre image, en lui, s’engouffrant.
De son dernier souffle s’est égaré mon esprit
Aux solitudes profondes, comme l’enfant venant nu
Qui, sur le sein tiède, s’est assoupi,
Qui, parmi les hommes, un jour s’est perdu.
Tu viendras, consolatrice, étouffant mes pensées,
Glisser en moi, t’abreuvant de ce qui me reste de larmes.
Sois douce dans ton étreinte, comme apaisée,
En me donnant ce silence que tu réclames .
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