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Mon Dieu, je suis hélas mortel
Au beau milieu de tout ce qui vit,
Rien ne semble m’attendre au doux ciel,
Le temps me pousse et je le vois qui rit.
Sous le grand chêne séculaire qui bavarde,
Jetant quelque ombre bien inspirée,
Je suis comme un fou ébloui qui s’attarde
Au murmure du végétal, au chant du ramier.
Je n’attendrai pas un nouveau jour.
Du cloporte, à l’écureuil semant le désordre,
A ces fleurs semblant lasses de ce troubadour,
Non, avant que la nuit vienne me mordre
Là où toute chose vibre d’un regard ému,
Cherchant dans leur langage ce qui me fuit,
Cet écho d’un temps hélas déchu
Qui, sur la rosée, parfois luit,
Je repousserai cette nuit de ma folie,
Ameutant les étoiles, leur regard,
Puisque la nature vit d’insomnie
Sous d’épais brouillards.
Je serai granit, montagne, ruisseau,
L’oiseau inquiet d’un printemps chétif,
La fleur pensive sur le rameau,
Au rayon d’un soleil des plus craintif,
Pollen égaré cherchant quelque asile,
Porté dans les plaintes du vent,
Tout ce que la nature a fait de fragile,
Ce qu’elle porte en elle au gré du temps.
Quand vous me trouverez au petit matin,
D’un sommeil profond, entre la fougère,
Devenu aveugle et puis sourd,
Ne fermez pas mes paupières
Car je vais sans crainte, au terreau,
Semer quelque banale poussière.
S’il vous plait, point de tombeau,
Car je ne suis qu’un ver de terre.
http://www.youtube.com/watch?v=LPhiwLjBF-0#
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