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Les larmes de mon père…
Je n’avais pas pris le dernier repas
Gorge nouée, le cœur trop brisé
La nouvelle avait frappé trop bas
Sur les pas de notre sœur aînée
Papa était entré d’un air las
L’examen du matin l’avait courbé
Sur son visage si réservé
Quelques larmes perlaient doucement
Le cancer soudain s’était levé
Pliant d’un coup la valeur du temps
Deux mois, à lui de souffrances exacerbées
Si courts à nous, femme et enfants
Souvenirs : « Prends soin de ta maman ! »
Long cheminement vers le passage
« Il va falloir aller de l’avant »
« Puisque tu le dis faisons barrage »
« Je ne veux pas, fais m’en serment
Qu’elle se doute du voyage »
La veille, regard vide et cœur très lourd
J’ai pu, enfin, lui dire « je t’aime »
Ce mot : quel pas dans nos discours !
Sa main seule offrit son « je t’aime »
Me dit sa vie donnée jour à jour
Veiller sur nous son don suprême
J’avais vu mon père qui pleurait …
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