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Entré dans ce monde, était ce la bonne adresse ?
Je vis au premier jour la lumière aveuglante
Faisceau lumineux persistant de maladresse,
Chahuté dans le va-et-vient de mains sanglantes,
Puis de ce temps hâtif j’ai grandi, écoutant
Ces douleurs, nuées d’affres sur les hommes,
La terre, le ciel, comme sanglots permanents,
Echos putréfiés de vieux automnes.
Soulevant le voile épais de nos infâmes bêtises
Je n’ai aperçu que poussière, cendres insipides,
Comme ces grands bourbiers où l’homme rejette et brise
Aux éboueurs leurs possessions maladives et stupides.
J’ai vu écarteler la terre par d’immenses machines,
Sa chair et ses os jetés aux mâchoires géantes
Ainsi que ses forêts majestueuses que l’on déracine
Au bon vouloir des hommes que l’argent hante.
J’ai vu, là haut, monter dans le ciel profond
Ces oiseaux de fer jetant abondamment leur râle
A l’intense silence des cieux sans horizon,
Vers ce voile intime crevant l’univers sidéral,
Puis, soudain, j’ai compris qu’il fallait partir,
Entrer dans ce monde dévoisé sans lumière,
Ce chant de misère où l’homme vient mourir,
Repos éternel s’ouvrant sur la fin de nos guerres.
http://www.youtube.com/watch?v=m13EcmaMv8o#
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