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Tu prendras plus que ma vie
Ah ! que me prendras tu encore
Fille obscure qui s’abreuve au trépas,
Parfum de roses qui s’évapore
Quand finit de sonner le glas.
Di moi, puisqu’il faut un jour mourir,
Quand la lumière trouvera porte close,
Que sous mon front je t’entendrai rire
A mon souffle lancinant qui se pose.
Ah ! dis moi, que me prendras tu
Sous une lune fébrile, un soleil ardent,
Ultime instant où je viendrai nu
Et l’onde de mes affres au dedans.
Que me prendras tu, plus que ma vie,
S’il est un reflet de ma mémoire,
Seras tu celle à mon corps enseveli
Qui près d’elle viendra s’asseoir.
Tu me prendrais donc tout ici bas
Ma mémoire, mes regards attardés
Pour celle dont mon cœur bat,
Ces instants où les baisers viennent s’égarer,
Ces horizons de ma pensée meurtrie
Ou vont flâner mes incertitudes,
Ces paysages tout jaunis
Quand viennent finir les certitudes.
Que me laisseras tu, aux paupières closes,
Dans cet immense hiver,
Dans ce bourbier où plus que chose
Je serai ami de ces longs vers.
Non, rien, pas même l’écho du silence,
Ni ce baiser sur mon front épuisé,
Ultime au revoir qui s’élance
Vers ces nuits, de tout, dénudées.
http://www.youtube.com/watch?v=duSL3y2LASI&feature=related#
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