|

En mon jardin ce matin
De ce vaisseau terrestre où toute chose grouille,
De ces montagnes, de ces océans plaintifs
Où le jour s’allume et s’éteint comme une ampoule
Rythmant mon cerveau pensif,
Je n’ai d’amour que pour une rose
Née en mon jardin ce matin,
Vous me direz c’est bien peu de chose
Mais, voyez vous, d’elle je ne crains rien.
Chaque matin elle semblera m’attendre,
J’y décèlerai quelque chagrin en rosée,
Je me plairai à la surprendre
De s’épanouir au soleil et d’avoir osé.
Je la verrai sécher ses larmes d’aurore
D’un Phébus bienveillant,
Ne déroberai point tous ses trésors
Les laissant s’épanouir au doux vent.
A peine aperçue, mon cœur est aux tourments,
Sachant qu’elle viendra à se faner
Et que ses pétales au vent tournant,
Loin de mon regard, se trouveront emportés.
Mais aujourd’hui je la vois frémir au vent jaloux,
Douce rose épanouie en ce jour,
Vibrante sur sa tige, je semble sentir son pouls
Apaisant mon cœur si lourd.
Ce soir au crépuscule, près d’elle,
De cette clarté du jour aux abois
Repoussant l’instant du sommeil,
J’écouterai son cœur qui bat.
La nuit profonde sage et silencieuse
Viendra se répandre comme une caresse,
Tout doucement je m’endormirai aux nuits frileuses
Sans crainte de cette ivresse.
|