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Pour que tu vives encore
J’aime ces beaux matins engourdis,
Ton visage à la fenêtre,
Quand dans mon cœur il fait tout gris
Sans que rien ne puisse paraître. 1
Le jour sera long et clair,
Je serai là, encore silencieux,
Englouti dans mes nuits de misère
A te regarder sans crainte d’un adieu. 2
Je verrai tes yeux témoin d’un hier,
Sans pouvoir te consoler un instant,
Comme ces lucioles sous les réverbères
Qui cherchent leur route aveuglément.
Et cherchant confusément nos ailleurs,
De nos regards infiniment voilés
Il ne restera q’une rumeur,
Celle d’une absence partagée.
Renaîtront de beaux printemps
Sur mon visage, là bas, caché
Où les ombres se moquant du vent
Sur mes yeux se seront posées.
Je serai un bienheureux
Jaloux de ce lieu de ma mort.
Avant toi j’aurais fermé les yeux
Pour que tu vives encore. 3
Délivré du temps, de son étreinte
Que mon dernier souffle aura chassé,
Je pourrai t’attendre sans plainte
Mon amour, une éternité. 4
1: regard après trépas
2: adieux consommés
3: ne pas voir mourir
4: attente illusoire
http://www.youtube.com/watch?v=zS5LRRsNYZk&feature=related#
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