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J’ai vu
J’ai vu dans un sursaut, l’amertume,
Sa face aux contours anguleux
Parsemée d’étranges lunes
Mêlées de rêves affreux,
Semant le divin et l’entre-péchés
Sur des chemins aveugles
Où l’instant vient s’évaporer
Sur nos mémoires qui beuglent.
Oh ! mer houleuse et pénétrante
Lassée de ces blanches écumes,
Regarde en mon sein ce qui me hante
Ce qui me ronge et me consume.
Oh ! ciel profond où rien ne se lamente,
Vois tu s’éterniser sur nos fronts
Ce que le temps nous invente,
Puisqu’ il vide nos poumons.
Vois tu ces poussières de nos instants de joie,
Ces rivages encore sages,
Ces mers endormies sous le vol de soie
De ces grands oiseaux au blanc plumage,
Ces brises légères et caressantes
Où les hivers, encore cachés,
Rêvent de ces ciels tout mouillés qui inventent
Des paysages enchantés.
Vois tu s’étourdir l’oiseau
Sur le rameau fleuri,
Son chant comme ruisseau
Et qu’il est midi.
J’ai vu dans un sursaut
Ma vie, déjà dans le lointain,
Se briser en mille morceaux
Et le temps n’y pouvait rien.
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