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Poignard de chair
Elle ne craignait l’ombrage
De ces nuages capricieux,
La rousse du village
Aimait flâner sous tous les cieux.
Ses yeux comme mousse verte,
Aussi beaux qu’un astre,
Sa bouche entrouverte,
Les lèvres noirâtres.
Elle était allongée dans la bruyère,
Ses joues ne parlaient plus au vent,
Et dans ses mains, déjà la terre,
Elle qui n’était qu’une enfant.
C’est un poignard de chair
Qui l’a prise,
Et ses cris ne pouvant se taire,
Sa gorge au silence fut promise.
Ses cheveux roux
Semblaient ignorer la tragédie,
Et couraient sur ses joues
Dans ce triste après midi.
La pluie douce et ruisselante
Semblait laver son corps souillé,
Et c’est d’une mort bien trop lente
Que son âme s’en est allée.
A ces anges qui ne croient plus en l’homme
Ces hommes qui humilient l’humain .
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