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Satan
Je t’ai vu parfois, fugitif,
Les yeux noirs comme les ténèbres,
Dans ces instants craintifs
Où le péché te célèbre,
M’attendrir à l’infini,
Tarir mes chers souvenirs
D’un soir aux lueurs ternies,
Quand le désespoir veut en finir.
J’ai vu tes lèvres, comme le poison,
Effleurer mes rêves sans pitié,
Toi qui n’offre jamais le pardon
Et vient trop souvent mendier.
Parfois tes larmes de cendre
Qui ont rougi tes yeux de désir,
Dans ta gorge viennent se pendre
Pour avec nous en finir.
Jusqu’au parvis des cathédrales
Tu te caches derrière les pilastres,
Guettant nos pauvres âme hivernales
En voyage vers de joyeux astres.
Et quand sur les frontons,
Parmi les visages de pierre,
Je vois le tien, cornu aux front,
Gardant les portes de l’enfer,
Je me dis que dehors tu dois avoir froid
En regardant les âmes passer,
Portées par d’invincible foi,
Qui te sourient, amusées.
Nos vies se réjouissent parfois d’un ailleurs,
Loin de ces soleils qui nous mentent,
De ces visages pris de pâleur,
Leurs yeux fermés sur l’épouvante.
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