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De vous avoir trop aimée
Ah ! je vous ai tellement aimée
Que mon jardin, de roses, n’a plus
Et vibrant encore d’un dernier baiser
J’ai peine à croire que morte est votre vertu.
Vos farouches lèvres me semblaient miennes,
J’y voyais, quand le soir vient,
Le doux murmure qu’entraînent
Les amants sur de longs chemins.
Les nuits étaient si longues avec vous
Qu’elles ressemblaient étonnamment au jour,
Mon ardeur au creux de vos joues
Ne cessait point d’ être amant à vos alentours.
Je n’ai plus de rose dans mon jardin
De vous avoir trop aimée,
Je crois bien que chaque matin
J’ai oublié, chacune, de les arroser.
Vous étiez trop gourmande,
Et moi d’en abuser.
mes sentiments ne voulant se pendre,
De ce courage j’en fus ennuyé
Car clair est le ciel aujourd’hui,
L’horizon sans fin,
Quand dans mon jardin tout se flétrit,
Que je n’y sens aucun parfum.
Q’importe, muse, vos pas lointains,
Je vais de nouveau semer, puis arroser,
Faisant s’épanouir les roses chaque matin
Inondant le poison de vos baisers.
Je l’aimerai de nouveau plus que vos soupirs
Cadenassé de tous ses côtés,
Et vous qui m’avez fait craindre le pire
Sachez que j’en ai perdu les clés.
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