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Quand parfois le soir
Quand parfois le soir arrive
Triste comme les ténèbres
Mon cœur, de joies arides,
Se berce d’idées funèbres.
Il cogne sur des dalles
Alignées et muettes,
Résonne des jours pâles
Que la mort inquiète.
Quand parfois le soir me prend
Dans son écharpe de velours noir,
Je crois voir, sur moi, se penchant,
D’étranges miroirs.
Des visages creux et blêmes
Rassasiés de douleur,
Où plus rien ne saigne
Que la rosée du jour qui meurt.
Et les tombes, que le temps incline,
Lasses de regarder le ciel
Eblouissant leurs ombres félines,
S’éloignant du sommeil,
Se lamentent de leur profondeur
Creusée par des ruisseaux de larmes,
Se lamentent de leur fossoyeur,
D’avoir enfermé les âmes.
Et, en vain, mon cœur cogne,
Ecartelant la nuit
Qui noircit et rogne
Tout ce qu’elle m’a pris.
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