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Ce souffle
Ce matin j’ai parlé au vent
Qui dormait derrière la colline,
Je languissais de son chant,
De le voir courber les herbes fines.
Dans le ciel les nuages s’attardaient
Formant un océan d’images.
Apparaissaient des visages aux traits imparfaits,
Des formes insolites, sans âge.
J’ai parlé au vent sous l’arbre figé,
D’un murmure, d’un regard
Où toute choses semblait affligée,
Cherchant son grand art.
J’ai parlé au vent près d’une rose fanée,
Son cœur flétri, immobile,
Lui montrait qu’elle saignait
Alors, soudain, j’ai senti son souffle agile.
Les nuages fondaient au delà des éthers,
J’entendais ici et là toute chose vibrer
Ainsi que mon cœur où venait se taire
L’infinie tristesse avouée.
Le vent, enfin le vent rajeuni,
Versant ma solitude aux joies fécondes
Dans les ténèbres ensevelies
Parsemées de sentiments immondes.
Tout vit enfin, tout bruisse
Dans l’immortel souffle agile,
Semant l’éternité au temps complice
Qui, dans mes veines, ne tient plus qu’à un fil.
Dédié à Marie Anne pour ses gentils commentaires .
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