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Route abandonnée
Ah ! Qu’il est doux ce silence
Qui m’accompagne bien souvent la nuit,
Il vient au grand jour qui danse
Dans son habit de lumière infinie.
Il panse ma robe grise
Tant de fois souillée,
Jusqu’à la mer qui brille
Sous un beau mois de juillet.
Je ne crains plus l’hiver,
Débarrassée de furieux tourbillons.
Feuilles mortes, comme manteau, s’affairent
A me débarrasser de frissons.
Adieu les perdreaux affolés
Se déplumant de terreur,
Ils viennent maintenant picorer
Dès les premières lueurs.
Adieu la rosée salie
Qui m’abreuvait dès l’aube,
Et l’affreuse odeur vomie
De leurs machines qui se dérobent.
Je puis enfin rêvasser
Au chant des sabots,
Quand portaient les mulets
Vers de jolis hameaux.
Je serpente toujours,
Sans doute m’avez vous reconnue,
J’ai porté vos chagrins, vos amours,
Et bien d’autres imprévues.
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