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Métamorphose
J’ai bu le poison de tout mon corps,
Sorti d’une longue nuit qui me mentait,
Puis gémissant de mes jeunes poumons au dehors
C’est la vie impatiente qui m’attendait.
J’ai bu au sein le lait tiède et doux
Comme une étrange sève venue d’ailleurs,
Et de mes narines au parfum flou
Je me suis éveillé à tout ce qui meurt.
J’ai bu mille calices,
Couché mon regard sur le monde,
Attendu la clarté du jour complice,
Me suis émerveillé du jour, à la nuit profonde.
J’ai cherché les regards dans mes pensées,
Eteints depuis bien trop longtemps,
Et calmé les douleurs des jours fanés
Qui traînaient nonchalamment.
Quant viendra le supplice moribond
Où du gouffre peu-être je renaîtrai,
Libéré de sentiments, de noirs frissons
Et que ce qui meurt sera pour moi sans attrait.
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