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Fossoyeur
Il est des vertiges si fameux
Qu’ils en deviennent cruels.
Ranimés dans nos rêves affreux,
Ils s’évanouissent sur nos réveils.
Le ciel brouillé sous le flamboyant
Cache des dessins clairs,
Dans le bleu bâtisseur, aimant,
S’inspirant de la terre.
Creusant jusqu’à la roche vierge,
Ecartelant les bourbiers sans âme,
Fossoyeur, qu’as-tu laissé sur la berge
Qui n’ait point versé de larme.
Fossoyeur, va-t’en creuser le ciel
De tes mains étoilées,
Rajeunies par des anges aux grandes ailes,
Loin des tombeaux fleuris et parfumés.
Et de ta pioche et de ta pelle,
Venir blanchir la nuit
Maquillée d’étoiles vermeilles
Qui te saluent sans bruit.
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