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A combien je serais heureux
L’épée de la brume ma transpercé
D’un matin au parfum mélancolique,
Amère turbulence de mes pensées,
Désespérance de mes joies faméliques.
Je marche, semant de mes pas
Le temps douloureux et pressé,
je cherche en vain, là bas,
Des horizons qui ne seraient point brisés.
Q’as tu donc, mon cœur, en ce jour
Puisque mes yeux ,des larmes, versent,
Puisque tu n’es point dépourvu d’amour
Bien que le temps nous presse.
Rien n’est immobile de ce qui m’entoure,
Les fleurs engourdies ne savent pas
Que leur beauté ne dure pas toujours
Et que seul leur parfum s’échappe du trépas.
Ah ! je m’ennuie déjà de vous voir si fanées,
Demain, ivres d’un long printemps.
De voir votre cœur, sur sa tige, se pencher
Et vous recroqueviller infiniment.
J’ai pris un pétale dans ma main,
Il semble frémir, animé d’un vent doux
Lui qui ne craint plus rien,
De son parfum je suis jaloux .
A combien je serais heureux d’être une rose
Morte au souffle d’un vent aimable,
Mon parfum n’aurait point de pose
Ma joie serait ineffable.
Je côtoierai sur le terreau les semences
Etourdies, me rappelant que rien n’est fini
Et sous les branches que le vent balance
C’est de ce tombeau dont je serai réjoui.
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