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Ici les feuilles mortes
Est il un endroit où l’instant palpite
Ainsi qu’un coquelicot au vent chaud,
Est il un ciel profond où s’abritent
Des futurs où nos yeux ne seraient jamais clos.
Mais peu importe, je m’enivre encore
De cette herbe qui ondule sous le vent,
Et de cet instant qui me dévore
Je n’entends plus résonner le temps.
Sous l’arbre attachant les ombres
Aux rayons du soleil,
Il n’est point d’instant qui sombre
A mes douleurs en sommeil.
Ah ! mon cœur arrête toi de battre
Puisque je vis,
Et que là bas sous son teint d’albâtre,
De son chant, je n’ai plus envie.
Ici les feuilles mortes lorgnent le ciel,
Se soulèvent au vent doux
Et semblent vivre encore sous l’aile
Du temps devenu fou.
Rejetant de mon cerveau ce sentiment naturel
En voyant toute feuille morte,
De ce sentiment singulier qui appelle
Je n’en sais le goût, mais qu’ importe.
J’ai dans la tête ce piano,
Ces nocturnes de Chopin,
Douce mélancolie, ici point de fardeaux,
Volent volent les feuilles mortes sur mes lendemains.
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