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Au bas de ta gorge nue
Toi, mon ange aux mains rajeunies
Qui sur l’hôtel de mes peurs
Vient en mon cœur endolori
Comme un soupçon de bonheur.
Pour toi ma muse bien aimée
C’est tout mon corps qui se pâme
Et ne veut point être ranimé
Puisque mes lèvres te réclament.
Dans le crépuscule si vaste,
Sur ton sein, mon front
Déverse d’amers désastres
D’une ivresse sans nom.
Au bas de ta gorge nue
Mes lèvres posées se ravivent
Et d’un instant déçu
Soudain de toi je m’enivre.
O mon amour nous irons revêtir
Des nuits aux voiles éternels
Sur nos deux cœurs qui s’étirent
Aux songes du temps cruel.
Soulage encore mes langueurs
Un instant, une éternité,
Jette au gouffre la stupeur
De mes craintes enflammées.
Et de ce soleil qui, dans tes yeux,
M’anime chaque jour,
Je trouverai dans mes songes affreux
Toujours un jardin d’amour.
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