|

A toi
A toi, mon ami, mon frère,
Qui verse ton regard altérant,
Sorti d’un repas au fameux dessert
Qui, dans ton ventre, se répand.
Toi qui daignes saluer mes vers
Quand un sommeil douteux t’inspire,
Qu’au dehors s’éveillent dans les airs
Les vapeurs d’un jour en lire.
Que ton front soit clair ou tourmenté,
Sur ta chaise aux grincements plaintifs,
Te remercie de ton breuvage lettré
Nourrissant mon cerveau pensif.
Par quelque folie hâtive
J’ai poussé ma plume indolente
Sur des courbes maladives
Inspirant des mains aimantes
Et creusé des tombeaux joyeux
Levant le fossoyeur de son fardeau
Tourmenté des cerveaux pieux
Epouvanté le vermisseau.
Caressé des chairs inventives
Dans mes rêves éveillés,
Nourri mes sens d’eau vive,
Mes membres surannés.
Et sous le royaume lunaire
Ecartelant mes yeux maladifs,
J’ai chéri l’impossible dans son envers
Au berceau d’un silence craintif.
Et suspendu l’éphémère qui hâte la nuit
En cortège de cendres
Se répandant appesanties
Sur l’espérance qui ne veut plus entendre.
Merci à toi, lecteur nourrissant,
De plonger sous l’encre de ma plume,
De sentir le parfum bruissant
De mon pauvre cerveau en écume.
|