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Les vieux amants
Nous aurons, quand frémit le printemps,
Des jours des nuit à peine voilés,
Et nous, qui n’aurons plus le temps,
Nous tâcherons encore de nous aimer.
J’irai à pas lents, prisonnier de ta main,
Suivre le temps qui s’enfuit,
Et dans tes yeux je verrai le parfum
Des années, d’un jour fini.
Nous irons écouter le vent insouciant
Qui lui jamais ne vieillit,
Il nous parlera de ce chant
Où nos baisers, jadis, se sont unis.
O un jour, une heure, un instant sans toi,
On dit que l’enfer n’existe pas ici,
O mon amour, dis moi pourquoi je l’entrevois
Même aux saisons refleuries.
On dit que les vieux amants ne pleurent plus
Et que sommeillent des larmes
Dans leur yeux perdus
Quand, de leur cœur, s’échappe une âme.
On dit qu’ils attendent patiemment l’instant
Ou leurs âmes se sont égarées,
Et que leur cœur vibrant,
Là bas, espère encore aimer.
Nous aurons de grands soirs
Pour nous, mon amour,
Où le ciel, comme un miroir,
Dans la nuit nous apportera le jour.
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