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Un très long voyage
Je jetterai mes pauvres os
Avec mon enveloppe rabougrie
Et mon âme défaite de son fardeau
Se moquera du temps qui finit.
Ma gorge asséchée et vide
Aura chassé tous mes sanglots
Et mes mains qui traînaient, livides,
Se poserons dans un dernier sursaut.
Ma mémoire agonisante
Je la laisserai aux caniveaux de mon cœur
Pour que poussière elle ne me hante,
Puisque j’irai vers un ailleurs.
Mes sentiments enfin rassasiés,
Envahissants et sournois,
Viendront finir de mendier
Une dernière fois.
Et je ne garderai qu’au Fond de mon âme
Le visage de mon enfant,
Et celui de sa mère, ma femme,
Pour seul bagage, au firmament.
Ce sera peut-être un très long voyage,
Le soleil aura eu le temps de brûler,
Le livre de la vie de tourner les pages
Quand ce que j’aurai atteint aura fini de me consoler ?
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