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Vous aimer
Laissez moi vous aimer,
Sorti d’une vague matrice,
Et laissez s’égarer
Aux douleurs, mon visage triste.
Laissez moi vous prendre
Dans les bras du silence,
Et dans l’injure soumise, vous rendre
Les baisers de mon enfance.
Laissez aux années mornes
D’implacables serments,
Sous le couvercle informe
Que brise le temps.
Natif du commun d’où l’on expulse
Un cri, une douleur,
Le temps, sans excuse,
M’apprend à voir se faner les fleurs.
Ma vie est une mariée voilée,
Elle me regarde de ses yeux d’aurore,
Au fond de mon âme, sur les sentiers
De mon destin qui s’évapore.
Laissez moi dévoiler son visage,
Me nourrir de sa lumière,
Mes yeux s’enivrer de son corsage
Jusqu’au plus affreux de mes hivers.
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