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Ce soir est une éternité
Ce soir est une éternité
Rassasiant mon crane endolori,
Que rien ne vient amuser,
Pas même une fourmi.
Entrouvrez la porte que je vous vois
Ficelée dans votre désir,
Et voir sur vos doigts
La paresse qui m’inspire.
Le silence hurlant de l’ennui
M’étreint et me pèse.
N’entendez vous pas ces cris
Qui dans vos désirs se taisent ?
Laissez donc rougir vos pommettes
Comme un soleil d’hiver,
Et sans rien dire, me promettre
De tremper vos lèvres dans mon verre.
Ne craignez point de déranger
L’ennui qui m’abreuve et m’empoisonne,
Il se couchera à vos pieds
Comme le lion devant la lionne.
Rougissez, éphémère pécheresse,
Car il faut tuer l’ennui
Qui guette et se presse
De rejoindre nos rêves enfouis.
Refermez donc la porte
Pour y enfermer votre parfum,
Et s’il le faut, qu’importe,
J’y enfermerai aussi vos soupirs divins.
Je guetterai vos yeux de nonnette
Pour y déceler l’étincelle divine,
Et vos lèvres entrouvertes
Pour que l’extase je devine.
Et le sein presque parfait et nourrisseur
Que je vous aurai emprunté
Sous le printemps de mes langueurs
N’en sera que charmé.
Ah ! combien de chagrins, de promesses
Pour que je me traîne à vos pieds,
Pour qu’enfin votre corps se confesse
A mes célestes pensées.
Hâtez vous de vous dévêtir
Comme la nuit se défait du jour,
Et je vous jure que sans mentir
Je vous aimerai plus qu’un jour.
Je vous aimerai comme un amant
Sorti des flots,
Bravant les tempêtes de votre corps ardent,
Déchirant les voiles de tous vos mots.
Il n’y a personne derrière la porte,
Si ce n’est le monde entier,
Et l’oppression si forte,
Que tout vient se faner.
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