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J’irai par les champs, les vallées
O soyez tranquille, je le confesse,
Aujourd’hui et demain encore
Je me guérirai de l’ivresse,
De vos yeux qui me dévorent.
J’irai par les champs,
Par les monts, les vallées,
Et leur parfum m’enivrant
Sera pour moi des plus aisés.
J’ai vu dans vos yeux angéliques
D’affreux tourment s’y nicher,
Et des douleurs faméliques
Loin d’être rassasiées.
J’ai eu beau vous plaire,
Eclairer le ciel bourbeux,
Vêtir votre peau claire
De draps soyeux,
Vous bercer de mots essentiels
A l’orée de vos ombres,
Eloigner vos affres aux grandes ailes
De vos murmures sombres.
Dans quel désastre m’entraîner,
Dans quelle fosse aux injures
Où je pourrai bien sombrer,
A travers vos blessures.
Souffrirai je plus encore
Loin de vous qui ne m’éclairez plus,
Sentirai je ce qui me dévore,
Votre joie à jamais perdue.
Ah ! si le ciel m’avait donné son regard
Pour que vous entrouvriez vos lèvres,
Pour qu’il chasse votre désespoir
Aux confins des ténèbres.
De vos tourments douloureux,
J’en aurai fait mon âpre nourriture,
Pour que mes songes amoureux
Jamais plus ne me torturent .
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