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La mort en liberté
Si je pouvais mourir dans un champ,
Parmi les fleurs jaunes ou bleues,
Mon corps couché sur le flanc,
Je serai un mort heureux.
Les insectes, grappilleurs de misère
Viendraient faire leur besogne,
En chahutant mes viscères,
Et ne craindrais qu’ils ne me rognent.
Mes mains posées sur l’herbe verte
Comme une passerelle vers mon corps,
Ma dépouille offerte,
Pour un terreau, ma mort.
Les lézards viendraient me visiter
Avec les charognards impatients.
Mon corps leur serait bien mérité,
Qui, de l’animal ou de l’homme, est le plus méchant ?
Avec les jours, mon corps bien caché
Pourrait fondre comme neige au soleil.
Ma tombe serait le ciel voilé,
Et mes poussières dans les feuilles vermeilles.
Et plus tard, à la place,
Qui fut témoin de mon sommeil,
Y pousseraient des fleurs en extase
Amoureuses des abeilles.
Et quand viendra le faucheur
Pour engranger moisson,
A la place de mon cœur,
Viendront picorer les pigeons.
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