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A la rose fanée
A la rose fanée qui se meurt
En ce lieu connu des éboueurs,
Eparpillant ses pétales meurtris
Au souffle du vent qui s’enfuit,
Je veux lui dire en ce jour,
A elle, témoin de nos amours,
Bien que les choses se fanent
Son parfum embaume les âmes,
Et qu’il est éternité
Dans nos mémoires désordonnées.
Et l’affreux décor où toute chose finit,
Bourbier des hommes et de l’ennui
Qui se déverse sur sa pâle parure,
N’en est qu’un manteau d’injures.
Peut on jeter nos larmes au bourbier
Que nos sentiments en elle ont chuchoté ?
Je la regarde là orpheline,
Qui, d’un jardin, une main assassine
L’emmena pour un amour un chagrin,
Parfois sous des cieux lointains.
Oh ! Qu’il est triste son dernier supplice
Sous une pâle lune complice,
Quand la pluie comme mille larmes
Vient achever ce drame.
Ah ! Qu’il est douloureux à la nuit consommée
De la savoir seule bien trop fanée.
Ah ! Qu’elle est douloureuse au jour radieux,
Sur elle, la rosée au parfum de l’adieu.
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