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Cette terre de Corse
Bien des fois assis sur un mur de pierres
J’ai songé aux naufragés de la vie,
Et mon cœur en prière
S’agitait comme pour calmer leurs cris.
Bien souvent je me suis senti étranger,
Mais le parfum de la terre nue
Est venu doucement m’emprisonner,
Un soir où je ne croyais plus.
J’ai vu dans le ciel bleu s’agiter
Le printemps de retour,
Baignant dans son éternité
Mêlée d’un chant d’amour.
L’olivier qui tire sa sève d’ici
Ne sait pas que j’ai tant voyagé,
Et mon regard posé sur lui
Vient finir de se lamenter.
J’aime quant le vent se lève,
Exhalant mille parfums,
Chahutant le maquis sorti d’un rêve,
Berçant des temps lointains.
Et voir le soir qui descend sur les hameaux
Jetant son voile infiniment doux ,
Se réclamant du chant de l’eau
Glissant entre les cailloux.
J’entends là haut dans la montagne,
Aux portes d’un rêve insensé,
Des clameurs qui me gagnent
Sorties des mémoires du passé.
Plus tard, là haut, je trouverai bien
Près d’elles qui m’inspirent,
Au bout de ma vie, mon chemin,
Un jardin où je verrai refleurir
La certitude d’un nouveau jour
Quand le mien finira,
Et regarder sans détour
Cette terre qui me tendit les bras.
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