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Prends ton temps
Prends ton temps, piéton des cendres
Le voile est tombé, tes yeux se sont ouvert
Sur la vision amère des blessures
Sur la fin qui a mis le couvert
Prends ton temps parce que lui est pressé
De te courber, de te tordre les os
Lui ne se lasse jamais de ces heures amassées
Il est invisible, aussi tranchant qu’une faux
Prends ton temps, voyageur du peut-être
Puisque la lune s’en fout et que le soleil est là
Ne dis pas que tu t’ennuies et regarde à la fenêtre
Tu verras le temps pressé qui s’en va
Prends ton temps, si tu n’en as plus beaucoup
Dis lui que tu as perdu ton ticket
Avant de tout lâcher, même tes sous
Ne t’inquiètes pas, tu sais, c’est pareil pour les friqués
Prends ton temps, même si c’est l’hiver
Dans ton arrière boutique
Et qu’il gèle dans tes viscères
Tu n’as plus le temps d’être dramatique
Ne prends plus ton temps
Quand tu la verras vêtue de noir
Quand le futur n’est plus présent
Et que les souvenirs viennent te dire bonsoir
Dis leur que tu n’as plus le temps
Que là où tu vas
C’est toujours le printemps
Et que le temps n’existe pas
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