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Je gravirai la montagne
Je gravirai la montagne, au mois de mai,
Par les sentiers fuyants.
Mon cœur ne sera point inquiet
Puisqu’il sera grand temps.
Le jour se sera levé depuis peu
Embrassant l’immensité verte.
Et le soleil brillera de mille feux
Sur la terre qui lui est offerte.
J’irai au plus haut sans crainte,
Mes poumons las chercheront les cimes.
Mon corps aura bâillonné ses plaintes
Vers les sommets qui lentement s’inclinent.
Je n’entendrai plus le tumulte des vallées
Quand mon corps appesanti,
Tout près de s’effondrer,
Ne saura pas qu’il est meurtri.
Le vent qui aura endolori les premières fleurs
Se sera perdu dans des pilastres de pierre.
L’hiver ne sera plus rumeur,
Il se sera fondu au-delà des éthers.
J’aurai marché encore vers l’impossible,
Mon front baigné de sueur,
Et pris de sentiments indicibles
Je verrai d’étranges lueurs.
J’aurai pris le chemin des vivants
Et marché vers les âmes,
Au plus haut, jusqu’à l’étourdissement,
Pour que ma douleur se taise et ne vous réclame.
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