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J’entends la mer
J’entends la mer, comme de longs soupirs,
Ils semblent éternels, moi qui apprend,
Les tiens sont ils les pires,
Moi qui suis jeune amant.
De ton feu ardent et pressé
Que les cendres n’aiment point,
De mon amour, de tes baisers,
Quel funèbre parfum.
Dans tes veines où court sans cesse
Le sang de ta vertu vagabonde,
Est il un endroit où se dresse
Des remords que tu inondes ?
Tes yeux que le ciel envie
Pour des voyages célestes,
Sont comme l’abîme qui se réjouit
De tes traîtres caresses.
O, douce et douloureuse ingénue,
Le temps presse et nous ment.
Ferme tes yeux, encore, puisque j’ai bu
Ce qui enivre les amants.
Ferme tes yeux sur ma douleur inspirée,
Je te prends sans âme, sans cœur,
Ferme mes yeux jusqu’à me tuer
Car j’attends bientôt la cruelle torpeur.
J’entends la mer comme de longs sanglots,
Ils me semblent sourds, moi qui sait,
Les tiens sont comme les flots
D’où plus rien ne renaît.
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