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Ah ! Qu’ils s’aimaient
Ah ! Qu’ils s’aimaient ces amants singuliers,
Epouvantant le trépas
De leurs amours partagés,
Ravivant les pâleurs d’un ciel si bas.
Leurs lèvres muettes et chaudes,
Rassasiées de mots,
Se joignent à la nuit qui rôde
S’offrant comme un berceau.
L’éternité de leurs baisers
Court dans les parfums anciens,
Dans les frissons émiettés
Réfléchissant l’ombre d’un matin.
Et les chairs aux accords gémissants
Sombrent dans l’atroce figure
Des êtres grimaçants,
De leurs tristes blessures.
Les doigts où se perdent les anneaux
Témoins d’une histoire achevée,
Evitant les noirs tombeaux
Qui n’en finissent pas de se lamenter.
Le temps amincit l’espérance
Là où les regards se croisent,
Dans le vide immense
De la mort en extase.
Ah ! Qu’ils s’aimaient ces amants singuliers.
Sous leurs crânes qui regardent le ciel
S’échappent leurs amours immaculés
Aux doigts du sommeil.
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