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Le rôt et le rot.
(Poème écrit en écho à «Goujat !» de Dame Marcek)
Voyez-vous la distance entre un rôt et le rot ?
«L’un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire ;
«L’autre rêve de vers quand je demande à boire»,
Ainsi disait Molière attendant un sirop !
L’un d’eux confiait vêtu d’un accent circonflexe :
«J’allais sortir enfin quand le rôt a paru»,
Ainsi disait Boileau. L’autre, au repas, bourru
Tient bruyante émission d’un rustique reflexe
Qui sans chapeau pointu revient de l’estomac ;
«Rôts aigres et puants, dégoustements, nausée»,
Ainsi disait Paré en la soirée prisée !
Cessons billevesée, cultivons le sumac
Qui lâche à d’autre cadre, au meuble quelque laque,
Donnons à nos bébés ce bienfait d’une claque !
©Jean-mi
RÔT
1° Viande rôtie à la broche. L'un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire ; L'autre rêve à des vers quand je demande à boire, MOL. F. sav. II, 7. Gros rôt, grosse pièce de viande rôtie. Petit rôt, menu rôt, les poulets, bécasses, etc. Du rôt de chien, des coups de bâton. Il faut qu'il ait du rôt de chien, CHEVALIER, Désol. des filous, sc. 11, dans POUGENS. Manger son pain à la fumée du rôt, envier quelque chose de bon qui est apprêté pour un autre, être témoin de quelque plaisir auquel on ne peut prendre part. Il est à pot et à rôt dans cette maison, il y mange matin et soir, il y est très familier.
2° Dans les festins et dans les grandes tables, service qui suit immédiatement celui des potages et des entrées, que le repas soit en gras ou en maigre. On est au rôt. J'allais sortir enfin quand le rôt a paru, BOILEAU, Sat. III.
3° Il s'est dit pour repas en général. Le bruit cesse, on se retire ; Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire : Achevons tout notre rôt, LA FONT. Fabl. I, 9. Deux perroquets, l'un père et l'autre fils, Du rôt d'un roi faisaient leur ordinaire, LA FONT. ib. X, 12. XIIIe s. Cil amainent pocins en rost, Fabliaux, BARBAZAN, t. IV, p. 96. Et en l'iave et en rost ont la char cuisiné, Ch. d'Ant. V, 16. XVIe s. Qui est celuy de nous si aspre, qu'il batte et fouette son vallet, pour avoir il y a cinq ou six jours bruslé le rost ? AMYOT, Comm. refrén. la col. 28. Voy. RÔTIR ; prov. raust ; ancien catal. rost.
ROT
Vent qui sort de l'estomac avec bruit. Ce grand rot fit du bruit autant Et plus même que le tonnerre, SCARR. Typh. III.
Emissions brutyantes.
Le terme médical est éructation ; rot est bas, et l'on évite de s'en servir.
XVe s. Pour eulx je feisse petz et rottes Voulentiers, si ne fusse assis, VILLON, Gd. testam. Ballade où il crie merci.
XVIe s. Rots aigres et puants, degoustement, nausée, PARÉ, Intr. 14.
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