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Petite rue et grand'route mènent
vers le terril du 5 rue de la Révolution.
Je suis né au 79 chez mes grands-parents.
Oui j'y ai vécu de belles années.
Mon grand-père caron
avait une belle moto. J'étais déjà fou
avec mes frères de le voir arriver.
On était tous là et un peu jaloux
de voir qui allait sur la moto monter.
Je fus l'un d'entre eux mais trop sauvage.
Je pris ma jambe gauche sur le pot d'échappement
et m'y suis brûlé. Des cris, des larmes coulaient
sur mon visage. La première à courir fut ma
grand'mère Marie-Thérèse qui me pris dans ses bras.
Je hurlais de douleur mais elle avait les mots pour
calmer ma peine. Elle me choyait aussi bien que
mes frères. Elle disait "regarde, je vais te soigner,
il ne faut pas avoir peu".
Mes bras serrés autour de son cou je ne pouvais
prévoir qu'un jour fatiguée elle allait s'asseoir
sur le bord du trottoir et me faire signe de la main.
"Au revoir, ne pleure pas car un jour je reviendrais".
Je ne l'ai plus jamais revue, je regardais le train
qui passait, la fumée et la sirène sortant de la cheminée.
Je regardais toujours. Elle n'était pas au passage à niveau,
les lampes clignotaient, la sonnerie hurlait…
Personne n'a jamais ramené l'un des plus beaux cadeaux
que la vie m'avait donné à Jumet.
Parfois je passe encore devant la maison.
Elle a changée, même la rue à pavés
a disparue dans le froid avec le vent.
Je passe mais ne pourrait jamais oublier.
Ce mystère restera dans mon cœur
peut être que le train attend l'heure ?
J.C. MEUNIER 22.7.99

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