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 Je cours, je crie après mon frère.
Dans la prairie, des couleuvres,
des serpents qui devant moi se dressent.
J'ai peur, je cours et il est là.
Mon frère est debout, il rit et me dit
"toi lève toi et sèche tes larmes. Ne crie pas".
Je l'ai suivi et à travers les prés
je lui ai toujours tenu la main.
Il était toujours là le premier
et le soleil de grand matin
ne lui faisait pas peur. "Demain il revient"
qu'il me disait. Il faut courir pour le voir.
Quand tu auras dormi, il reviendra.
Tous les deux ont a grandi et sans le savoir.
on s'est éloigné.
L'histoire d'année en année s'écoulait
et un jour j'appris qu'il était très mal
et je suis allé le voir.
Il me dit "ne viens pas dans le noir,
moi je n'ai pas peur de mourir".
Je l'ai regardé et me suis demandé
le soir s'il était toujours du même
arbre, de la même branche.
Je me suis mis à l'écouter comme
il l'avait fait pour moi.
Sa voix restait en moi et un jour
il est parti un dimanche rejoindre
notre père. Il était toujours le premier
et moi derrière lui le tout dernier.
Il n'y a pas de roses sans épines
et de là-haut je sens qu'il me taquine.
MEUNIER J.-C.
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