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ÉTEIGNONS LE COURROUX
Je suis la fin de tout,
Avant ce qui commence
Et j’erre un peu partout
Au soir de ma dormance.
Je suis comme un remous
Remplie d’incohérence,
Un gros nuage mou
Perdue dans le silence
Je ne suis qu’une roue
Sur un chemin immense
M’enlisant dans des trous
Trop vide d’impuissance.
Je suis l’une de vous,
Légère, insouciante,
Présente au rendez-vous
D’une vie émouvante
Et je pleure à genoux
Sur la pierre tremblante,
Quand la guerre dénoue
Sa violence oppressante.
Quand coule sur ma joue
Une larme impatiente,
C’est un précieux bijou
Pour mon âme hésitante.
Je veux rester debout
Quand le matin s’avance,
Résister jusqu’au bout
Aux flots d’indifférence.
Je ne sais pas jusqu’où
Ma main est sans défense,
Mais je sens sur mon cou
Se serrer l’existence
Et je sens le dégoût
Chaque fois que j’y pense,
Ma révolte a le goût
De la vraie répugnance
Honte sur l’homme fou
Qui tue ou bien offense,
Qui ignore et bafoue
La beauté de l’enfance
Tel humain se fait loup,
Un être sans conscience,
Envieux et jaloux
Pour cacher sa souffrance.
Quel espoir est pour nous
Après ces mots d’errance ?
À chaque été renouent
L’homme avec ses semences,
La moisson du mois d’août
Est chaude et rassurante,
Le vent au souffle doux
M’offre sa voix chantante.
Je sais, rien ne résout
Les progrès de la science
Car la terre est un zoo
Pour l’enfant sans défense.
Refermons le verrou
Sur l’esprit de vengeance,
Éteignons le courroux
De notre indifférence.
Luce-Île

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