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LA LUEUR DU FALOT
Dirigée par la vie au bord d’un sombre gouffre,
Ton nom m’est étranger mais je sais que tu souffres.
En faisant le bon choix de vivre en liberté,
Tu marches vers un but rayonnant de clarté.
Certains ont ce besoin de sans cesse poursuivre
Des mirages abstraits… Tout cela nous enivre :
La richesse, les biens, les propos mielleux,
Le pouvoir… tout cela n’est qu’océan houleux !
La vie est un chemin de ronces et de doutes
Rempli de carrefours aux quatre coins des routes,
Mais aussi un cadeau bien plus précieux que l’or,
L’abondance du cœur, voilà le vrai trésor.
Voir éclore les fleurs ou frôler l’eau du fleuve,
Goûter aux fruits sauvages en attendant qu’il pleuve,
Mon cœur un peu sauvage aime se trouver seul
Et parfois, il s’endort à l’ombre du tilleul.
Les soupirs du vent frais, l’oiseau sur la muraille,
Le secret du bourgeon et l’odeur de la paille,
Ce qui compte à mes yeux est unique et sans prix,
Par exemple, ces mots que sans arrêt j’écris.
Le soir, au coin du feu, j’aime épancher mon âme
Et mêler mes espoirs, mes peines, à la flamme.
Le moindre lumignon, dans cette obscurité,
Évoque une oasis éprise de vérité.
Je me confie alors au ciel et à ses anges.
En délivrant mon coeur de tous ses maux étranges
J’essaie de conserver intacts les souvenirs
Des moments de bonheurs. Ceux-là nous font grandir.
Être heureux est un choix mais aussi un dilemme
Car le prix à payer n’est pas pour tous le même,
Le hasard distribue toujours injustement
Les plaisirs délicieux ou l’horreur des tourments.
Ainsi, sans réfléchir, en goûtant cette ivresse,
Simplement profiter de ces douces caresses.
Quand vient le temps de rire, oublions de pleurer,
Et savourons l’instant jusqu’à nous enivrer.
Car le passé n’est rien qu’un vieux tas de poussière
Prisonnier des discours qui pourrissent derrière.
De même, le futur domine sans raison…
Regarder vers demain ? Utopique horizon !
J’ai voulu te confier à travers cette page
Un peu de ma vigueur, un peu de mon courage,
Mais en faisant l’effort de ces alexandrins,
C’est toi qui m’as donné un regard plus serein !
Voici venu le temps de déposer ma plume,
Lentement, la bougie, près de moi se consume…
Quelque part sur la mer, il ondoie sur les flots
Un espoir éternel qui brille en son falot.
Luce-Île
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