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Aussi simple que difficile,
Aussi puissant que fragile,
Le monde des mots m’émerveille
Et me poursuit jusque dans mon sommeil.
Ajoutez à ce monde une misère :
Quel fracas, mais quel calvaire !
Choisir, renoncer, enfin dire les choses,
Qu’elles soient réductrices, séductrices ou grandioses.
Le mot fait rire au cœur du tragique,
Et métamorphose l’ordinaire en magique.
Il nous fait parler lorsqu’il faudrait se taire ;
Il peut tout faire et même son contraire.
Fascinant royaume de pouvoir,
Il me prête des yeux pour voir dans le noir.
Il m’éclaire, me tourmente et me fascine,
Puis me laisse démunie, en criant famine.
Je crois parfois en détenir les clés,
Mais il m’offre le monde pour mieux me le retirer :
Des échos farouches, des élans sauvages,
De mes histoires et de leurs personnages.
Les mots, seuls, semblent compter si peu,
Mais leur poids peut devenir douloureux.
À peine prononcés, déjà ils nous façonnent :
Ils nous délivrent, nous condamnent et résonnent.
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