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J’aime…(tant et tant de choses)
(Premier volet sur ma fenêtre ouverte)
Les champs couverts de blé à perte d’horizon,
Les troupeaux qui le soir font tinter leurs sonnailles,
Les vallées échancrées…y’a du monde au balcon !
Et les rubans fleuris sur ton chapeau de paille.
*
Les braises sous le feu, qui incendient ton ombre,
Le petit chat qui rêve en la voyant danser,
L’ampoule du soleil les jours où il fait sombre
Lorsque la nuit descend sans l’avoir embrasée.
*
Travestir mes défauts sans aucun maquillage,
Farder la vérité rien qu’en clignant des yeux,
Aller bien au-delà des détours, des ambages
Qui me montrent qu’au fond, je ne suis pas heureux.
J’aime
Les tours des cathédrales avec leurs carillons,
Le clocher des églises abritant des mésanges
Qui de leurs flûtes à bec composent des chansons
Transportées jusqu’à moi par les ailes des anges.
*
Tout le bleu de la mer avec ses ecchymoses
Et l’écume des vagues pour la poudrer de blanc,
Ces petits grains légers qu’un clapotis dépose
Pour faire des châteaux sur du sable mouvant.
*
Les reliures d’un livre, pour retenir les pages,
‘’’Les Revers de la vie’’ pour titre de roman,
Un tableau de Bruni* pour simple paysage,
Avec en fond de toile un brin de mauvais temps.
*
La fougue de l’eau vive descendue d’un torrent
Et les couleurs qui naissent avec un arc en ciel,
Les moutons de la mer tondus par l’océan
Les chansons sirupeuses qui ont un goût de miel.
*
Les places des villages pour y faire causette,
Quelques vieux qui patoisent assis dessus un banc,
L’eau claire des fontaines pour abreuver les bêtes,
Les sources qui défient les méandres du temps.
*
Les vendanges nouvelles qui grappillent l’automne,
Quand l’été a bruni les grappes de raisin,
Et les feuilles tombées venant faire l’aumône
Sur le bord d’un trottoir qui les prend pour butin.
*
Tous les tours de magie et les illusionnistes,
Ceux qui dans la détresse font encore rêver,
Le visage des clowns quand ils deviennent tristes
Et des pistes aux étoiles pour me faire danser.
*
Les chemins qui s’en vont sans savoir où aller,
La fraîcheur des sous-bois sans leur manteau de laine,
La plume que je trempe au fond d’un encrier
Pour essayer en vain de surpasser Verlaine.
*
Les boutiques qui vendent tous nos vieux souvenirs,
Ces objets du passé qui en fait n’ont pas d’âge,
Le futur qui se moque d’avoir un avenir
Et les gens qui s’en vont sans prendre de bagages.
*
Les soirs de compromis où la paix est réelle,
Les gens de tous les bords qui vivent de leur foi,
L’amour, la tolérance et les idées rebelles
Qui pleines d’indulgence n’imposent pas leur loi.
*
La poésie sans rime qui veut prendre la pose
Seulement pour nous dire : ‘’ je n’suis pas un cliché !
Moi, je fais bon ménage, aussi, avec la prose
Car la beauté des vers peut se passer de pieds.’’
Claude écrit le 6 Juillet 2026
*Illustration peinture de Eric Bruni
Illustration musicale : Grand Corps Malade et Nikola
''Ce que j'aime''
https://www.youtube.com/watch?v=IwGfNFITMVI&list=RDIwGfNFITMVI&start_radio=1
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