Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Comme si

le mardi 18 août 2026, à 15:07. Posté par Léonie


    J’avais demandé de résoudre le mystère de la création,
    À ses yeux, je questionnais l’ordre de la maison :
    L’homme devait être fort, invincible, protecteur,
    Et la femme porter dans son ventre le bonheur.

    Une femme qui pense et choisit pour elle-même ?
    Cela suffisait à ébranler son « je t’aime ».
    Il reçut ma liberté comme un blasphème,
    Comme si aimer voulait dire penser de même.

    Sur son bateau, il n’y avait qu’un capitaine,
    Et sous les ponts dormaient des décennies de peine,
    Une étrange colère contre celle qui l’attire,
    Qu’il voulait près de lui sans vraiment la laisser dire.

    « Un homme ne doit jamais se montrer vulnérable. »
    Cette phrase nous rendit à jamais inconciliables.
    Car je ne cherchais ni un maître, ni un homme sans peur,
    Mais quelqu’un d’assez fort pour regarder dans son cœur.

    Il n’a pas vu le trésor que je suis :
    Une alliée qui ne tremble devant la tempête,
    Qui tendrait la main sans jamais courber la tête,
    Qui sera présente de jour comme de nuit.

    Moi, je voulais connaître ses failles,
    Les endroits où même les géants déraillent,
    Pouvoir déposer mon armure à ses pieds
    Et le regarder déposer la sienne à côté...

    Dieu ne m’a pas donné une âme entière
    Pour que je la découpe afin de lui plaire !
    Car je ne crois pas que Dieu, dans sa sagesse,
    Ait donné à la femme autant de hardiesse,
    Une conscience, une voix, une volonté,
    Pour lui demander ensuite de les étouffer.

    Pourquoi lui donner le feu
    Si c’est pour lui interdire de brûler ?
    Pourquoi lui donner des yeux
    Si elle ne doit regarder que là où on lui dit d’aller ?

    Pourquoi déposer en elle tant de rêves,
    Puis appeler vertu tout ce qui les achève ?
    Pourquoi lui donner une âme immense
    Si son bonheur devait tenir dans l’obéissance ?

    Je ne crois pas à ce Dieu-là !

    Je crois à Celui qui façonne les tempêtes
    Autant que les matins de fête,
    Qui donne aux montagnes leur hauteur
    Et aux hommes le vertige de leur propre cœur.

    Peut-être avait-il confondu force et pouvoir,
    Tendresse et devoir se faire obéir,
    Comme si aimer une femme voulait dire l’avoir,
    Et qu’être homme signifiait ne jamais fléchir.

    J’ai longtemps cru que l’amour était un refuge,
    Un endroit épargné par le déluge,
    Puis la vie m’apprit, à sa manière,
    Que même les refuges connaissent l’hiver.

    Puis, au milieu de nos vérités indiscrètes :
    « Ta maison, elle fait combien de mètres ? »
    J’ai presque souri devant cette question banale :
    Une couche de plus à notre conversation bancale.

    18/08/2026

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
camare13 le jeudi 20 août 2026, à 08:18
Une belle réflexion sur les relations hommes-femmes (un peu long peut-être).

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet