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Emmenez-moi madame en ce matin de mai
Sur le char du désir, ne lâchez pas les rênes,
Bercé par la douceur au milieu des œillets
Au titre de Vénus vous serez une reine.
De l'aube souriante au rêve bleu du soir
L'amour nous mènera sur un chemin de roses;
Votre consentement aura tout le pouvoir,
Je cueillerai l'émoi sur vos lèvres mi-closes,
Et germera l'idylle au soleil de vos yeux,
Nous rêverons nos nuits, au cher vallon du tendre,
Dans une alcôve en soie offerte par les Dieux,
Et l'heureux rossignol saura bien nous surprendre.
Mes doigts émerveillés, se pâmant de bonheur
Composeront Sanctus sur votre chair ivoire;
J'effleurerai vos seins, alors qu'au bois un chœur
De gais chardonnerets fêtera notre histoire.
Dans un roulis neigeux, de beaux pétales blancs
Caresseront les cieux; notre éminent carrosse
Épousera la brise et le sort du printemps.
Poussé par l'intérêt d'une saveur précoce
Loin des sentiers battus, sous l'archet des grillons,
Comme l'eau d'un delta nos deux âmes mêlées
Apprendront l'idéal de merveilleux frissons,
D'un sceau royal l'amour scellera nos pensées.
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