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Sais-tu mes sentiments quand je te vois écrire,
Que ta tête s'incline, alors vers l'encrier
Où se perçoit déjà le besoin de séduire;
Toujours à ce moment je pense au bénitier
En son habit de marbre à l'aube de l'église,
N'est-il pas le reflet du touchant réservoir
Accueillant l'encre bleue, objet de ta main-mise.
Est-ce la femme enfant qu'il faut apercevoir?
Où celle dont le cœur est en forme de lyre?
Comme j'aime les deux je n'ose pas trancher,
Portant le même écrin c'est le même sourire,
Entre perle ou joyau comment se décider?
Survolant le papier d'une main délicate,
Ce style savoureux, alerte et caressant
En tendres déliés sur le linceul éclate,
Ton message amoureux qui paraît innocent
Tel le vent d'un archet m'apporte la lumière;
Comme un tissu précieux, son charme resplendit.
Sous le soleil des mots s'annonce une prière,
Avec des fleurs, de l'or ton cœur construit un nid.
Combien je peux aimer ta muette caresse
Qui sans dire un seul mot, affole tout mon sang;
Sur le tendre vélin s'exprime ta tendresse.
Oh! sera-t-il exquis le poème présent?
S'adressant à mes sens et d'attendre l'extase
Est déjà du plaisir, c'est un peu de ta voix
Ressemblant au ruisseau quand son eau vive jase,
Mais rien ne vaut pourtant l'essence de tes doigts.
Rossignol du Japon ou mythique mésange
Ta plume est un oiseau qui enchante mes yeux;
Dans la forêt des vers se cache un petit ange,
L'idéale beauté d'un monde merveilleux.
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