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Je voudrais que mon encre imite une fontaine,
Que neige la tendresse oublieuse du temps,
Que se penche sans choir le silence d'un chêne
Pour coudre au quotidien les couleurs du printemps.
Qu'un or inviolé expose ses soieries
Sur les cœurs en jachère au huis clos du secret,
Qu'un désir absolu dépense ses folies
Sur le flux vespéral de tout esprit abstrait.
Que mon humble linceul d'une aube religieuse
Accueil en son parvis les candides oiseaux
Des tristes citoyens, dont l'aile silencieuse
Abandonne la joie au profit des ruisseaux.
Que bruisse le présent dans l'eau douce d'un rêve,
Que naisse le désir des pas inattendus,
Dans l'oubli du regret pour qu'en chacun se lève
Le souffle incandescent des bonheurs confondus.
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