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J'apprends la poésie à l'école du vent
En savourant l'odeur de la terre où d'un arbre;
Sur un sentier de bois, je redeviens enfant
Pour mieux aimer, avant de connaître le marbre.
C'est auprès des moissons que se lâche mon cœur,
Au bord d'un vieux canal, avec qui je voyage
En admirant les tons de l'aubépine en fleur
Où même quand avril me montre son visage,
Jonquille aux bijoux d'or, douce écharpe de vert;
Aux bras blonds des roseaux j'aime la chevelure
Des cours d'eau Franc-Comtois, leur beauté m'est si cher
Et d'un si grand pouvoir que c'est mon écriture
Qui raconte le mieux, ce qui touche mes sens;
Ardent est mon amour, innombrable ma joie,
Les lascives saveurs, les torrides encens
Angélisent mes goûts, tant ma plume flamboie.
Au seuil de la rencontre à la pointe du jour
J'écoute l'oiseau d'or qui enchante les voûtes.
Solitaires désirs, mélancolique amour,
J'aime accorder mes vers au clavecin des gouttes.
Mon âme est une nef, un village d'antan,
Un intime chemin que le soleil dévore,
C'est un frisson d'archet malade du présent,
Son encre immaculée est semblable à l'aurore.
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