PLUME EN PAGAILLE

 

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AMOUREUSE

le samedi 31 janvier 2026, à 21:38. Posté par laspiralemagique


    Amoureuse


    A m o u r e u s e

    Attente

    Dimanche soir , sur le parvis de l'église
    Un homme est apparu
    Je ne l'ai pas appelé
    Il ne m'a pas regardée

    Marchande

    Il est léger comme la fleur
    Il pèse lourd le temps
    Comme un trésor qui s'enfuit
    C'est moi l'âge, la vieillesse
    Je suis là pour te rappeler
    Que...
    Tu as vieilli

    Originale

    J'écoute parler le temps
    Je vends, le rends, je brade les instants
    J'ai perdu en route les moments
    Juste des éclats de voix
    Ne m'achetez pas mon présent

    Unique

    Je suis placée au centre
    Place pigalle, bastille, république
    J'ai vu la vie s'agiter
    Il y a des balayeurs, des éboueurs
    Des bouchers
    Et....
    Des colporteurs d'images
    Cette fois j'ai bien failli le rattraper
    Le métro qui m'emmène bibliothèque nationale

    Rêveuse

    Aujourd'hui cité de la musique
    J'ai vu des acrobates, j'ai vu des musiciens
    Sur ces visages insolents de paris
    Les enfants ont souri
    Les pigeons sur la butte de montmartre
    Ont continué à se détourner
    Solennels et bien pensants
    J'ai traversé le pont de l'alma

    Écolière

    Et sur les quais je suis retournée sans honte
    Chez ce libraire
    Je suis sûre que je pourrais l'interroger
    Il connaît sûrement apollinaire

    Usine

    Au petit matin, j'ai vu
    Le cafetier et l'employé municipal avec son balai
    Il y a de belles couleurs dans les caniveaux de paris
    Des arabesques sur les trottoirs
    Des barquettes bien séchées
    Des cagettes bien entassées
    Des papiers bleu pastèque
    Et des pelures d'orange
    Les murs sont gris et dessinés
    Des projections de messages sans joie
    De poésie à coeur ouvert
    Des visages se profilent
    J'ai les yeux bien noirs et j'écris...
    Rue saint denis
    Il y a des drôles de dames
    Sur les abords et coins de rue
    Ces poupées costumées de grâce et de dentelle
    Leurs bas sont filés
    Leur rouge à lèvres déborde
    Comme des vieux livres oubliés
    Les pages se tournent
    Sans jamais se refermer...
    Elles naviguent sur leur échasses
    Jusqu'à la rue de la convention
    Elle est passée et m'a frôlée
    De sa longue jupe noire
    Mais la foule nous a séparées
    Elle s'est perdue au trocadéro
    Elle ne quittera jamais sa place
    Et gardera son trône jusqu' à la fin des temps
    Cette tour de ferraille
    Qui rugit et se dresse au loin
    Elle me conte son histoire s'arrêtant jusqu'aux champs

    Seule

    Il y a tant de monde
    Je polonais
    Je japonais
    Je hollandait
    Vous pithiviers
    Ils ou elles anglais
    Il a pas d'habitants
    Il y a des passants
    Au présent au futur
    Pour un temps...
    J'ai vu une collègue au louvre
    On la dérangeait sans cesse
    Pour des ouvrages rares et puissants
    Vous vendez des mots me dit-elle ?
    Non, je vends la vie, les instants, les moments...
    Cet homme que vous avez vu
    Il portait un habit noir et un foulard rouge..
    Une écharpe...je crois....
    C'est aristide briant...
    Ne vous posez plus de questions
    Et revenez dans quelques temps....
    Vous aurez sûrement tout oublié
    Elle approche, elle brûle
    Elle est paralysée
    Électrifiée, glaciale
    Ce que fragonard nous a laissé
    Ce que champollion a décrypté
    Et le titien...son réalisme...ses figures...
    Botticelli bien indécent....
    Mon art à moi c'est orsay
    Et mes peintres ont des noms
    Mes illustres inconnus
    Je les visite sans qu'ils me voient
    Je repose sur le parvis
    Je navigue rue de rivoli
    Vélasquez
    Miro, picasso
    Je suis toujours la devant
    Ces statues de bronze
    Ces bustes immobiles
    Ses yeux sculptés
    Et ces tableaux vernis
    De poussière et de cuir
    Hôtel du nord ...
    Et l'atmosphère ?
    J'ai toujours mes beaux yeux
    Je vous domine dans ma ville
    Je suis gargouille bien assise
    Je vous contemple
    Arcboutant et contrefort moi la rosace
    Je suis gothique
    Sous votre soleil
    Sous le réverbère
    Je vois un flic
    Et sous la passerelle boulevard du crime
    J'ai vu les enfants du paradis

    Ecoute

    Se dressent belles statues figées
    L'heure où volent les canailles
    Le camion se rempli
    La ville ne fait pas un pli
    L'attente sur les quais
    Ils sont debout sur le parquet
    De la gare montparnasse
    Pendant que les minutes se tracassent
    Et que les jours s'effacent
    On écartèle les mâchoires
    Sur le champ de foire
    On sillonne sur les rails
    On referme le portail
    On crisse on glisse
    Il pleut comme vache qui pisse
    L'araignée...sa toile se tisse
    Mon port à moi
    C'est la seine
    Long fleuve tranquille
    Sans peine
    Filant l'âme sereine
    Mon film à moi quai des brumes
    Sur des acteurs en noir et blanc
    Sur cette gouaille parisienne
    Je l'entend l'accent titi
    Mon dessin à moi
    Les poulbots
    Ces enfants de la ville
    Aux allures de gavroche
    Les trous plein les poches
    Mon livre on le dira..
    Notre dame de paris
    Si quasi modo était encore là
    Paris brûle t-il ?

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